Coopération: Les présidents sénégalais et béninois veulent donner « un nouveau soufle » à l’Uemoa
Les présidents sénégalais Bassirou Diomaye Faye et béninois Patrice Talon vont
« entreprendre des démarches » dans les « tout prochains jours » pour « donner un nouveau
souffle » à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) qui traverse « une
situation quelque peu difficile », ont-ils annoncé mardi à Cotonou, au Bénin.
« Nous avons parlé de l’Uemoa qui (…) traverse aussi une situation quelque peu difficile qu’il
nous faut rapidement adresser », a dit à la presse Bassirou Diomaye Faye, en visite de travail
mardi à Cotonou où il a échangé avec son homologue béninois Patrice Talon sur « les défis qui
interpelle » la sous-région.
L’Uemoa est une organisation qui regroupe huit pays d’Afrique de l’Ouest partageant le francs
CFA comme monnaie commune. Il s’agit du Sénégal, du Mali, du Burkina, du Niger, de la Côte
d’Ivoire, du Togo, du Bénin et de la Guinée-Bissau.
Elle se trouve ébranlée par des tensions géopolitiques de la sous-région, après le retrait du
Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de
l’Ouest (Cedeao) pour se réunir au sein de la confédération de l’Alliance des Etats du Sahel
(AES).
Les trois pays sahéliens sont dirigés par des juntes militaires souverainistes issus de coups
d’Etat entre 2020 et 2023.
Ils ont tourné le dos à la France et à plusieurs partenaires occidentaux pour se rapprocher
davantage de la Russie.
Le Mali, le Niger et le Burkina ont en projet la création d’une monnaie commune et partagent
une crise diplomatique avec le Bénin et la Côte d’Ivoire, qu’ils accusent de vouloir les
déstabiliser. Ce que les deux pays ont toujours nié.
Le 11 juillet, les trois pays ont quitté la 2e session ordinaire annuelle du Conseil des ministres
de l’Uemoa qui s’est tenue à Lomé, au Togo, avant les conclusions de la réunion, pour
protester contre « l’absence de consensus » sur la présidence tournante de l’instance qui
devrait revenir au Burkina, a annoncé le même jour l’Agence d’information du Burkina.
« Nous avons convenu, le président Talon et moi, dans les tout prochains jours d’entreprendre
des démarches pour travailler à redynamiser l’organisation, à lui donner un nouveau souffle
bien évidemment avec le soutien des autres homologues membres de l’Union », a annoncé
Bassirou Diomaye Faye.
En juillet 2024, le président Faye avait été désigné médiateur par la Cedeao pour faire revenir
les juntes sahéliennes dans la Cedeao.